Horloge biologique

by Baptiste
Je ne sais pas si c'est mon âge, ma situation professionnelle qui me permet de réellement y penser sérieusement, l'histoire familiale, comme diraient nos "amis belges", né avec une brique dans le ventre, ou un peu de tout ça à la fois, mais j'ai pour la première fois l'opportunité d'avoir mon "vrai" chez moi (n'y voyez pas d'allusion à un autre "vrai" quelque chose). Pas l'appartement où tu te sens bien mais dans lequel tu sais pertinemment que tu ne peux pas y faire ce que tu veux, celui ou faire un trou dans un mur pour accrocher un tableau peut t'être facturé plusieurs dizaines d'euros le jour où tu déménages, celui où tu paies un loyer tous les mois juste pour avoir droit d'y habiter, mais honnêtement c'est quand même mieux que chez des potes, chez tes parents ou dans la rue. J'en suis donc là, une sorte d'alignement des planètes: l'envie (qui a toujours été là), les moyens et ce qui ne gâche rien, l'appartement, le "chez soi" en question. Encore rien de signé, mais c'est en bonne voie, un appart à Saint-Etienne pour ma petite famille, au prix d'une chambre de bonne à Paris (oui je sais c'est pas cher, mais en contre partie on doit habiter à Saint-Etienne, on n'a rien sans rien). Je gribouille des plans de cuisine, j'ai installé l'outil d'un célèbre marchand de meuble suédois, je traine sur Pinterest pour glâner quelques idées. J'imagine déjà la couleur des murs, les allers-retours dans les magasins de bricolage, les moments de découragements, l'installation définitive, en attendant les coups de fil et courriers officiels avant d'avoir peut-être les clefs de cette nouvelle maison. Puis arrive la boule au ventre, le crédit de la banque, l'appart qui te passe sous le nez, une attaque nucléaire, la peur de finir filmé par l'équipe de "Tous ensemble" ou "Extreme makeover", et ça encore c'est si ça se passe bien, le truc que tu n'as pas vu en visitant, celui que tu n'as pas prévu. Et finalement l'envie reprend le dessus, j'ai pour la première fois dans ma vie les moyens d'un réel projet, alors pourquoi me priver, et on verra bien (oui je commence à avoir des problèmes "vitaux", ah la la, c'est le début de la fin!) et je me dis que je dois être victime d'une sorte d'horloge biologique: j'ai déjà les enfants, il me faut la maison et le chien, et les vacances au Touquet... et merde, je vieillis.