Avant d’arriver sur nos chaussettes, l’Argyle a déjà eu plusieurs vies.
Écossais, sportif, chic, parfois très coloré, puis carrément pop : ce drôle de motif à losanges a traversé les siècles et les garde-robes sans vraiment prendre une ride.
Et si aujourd’hui on l’associe spontanément aux chaussettes Burlington, son histoire commence bien avant la marque allemande.
Tout commence en Écosse
Pour comprendre l’Argyle, il faut d’abord regarder du côté du tartan.
En Écosse, les motifs tissés ne sont pas seulement décoratifs. Au fil du temps, les différents dessins et leurs couleurs ont été associés à des clans et à des territoires, devenant peu à peu des marqueurs d’identité. Le tartan du clan Campbell of Argyll, dans l’ouest de l’Écosse, est notamment considéré comme l’une des sources du motif Argyle. Des versions de ce motif auraient été portées par les Highlanders écossais dès le XVIIᵉ siècle.
On est donc assez loin, au départ, de la petite chaussette colorée que l’on connaît aujourd’hui.
Le principe, lui, est reconnaissable : des losanges disposés en diagonale, traversés par des lignes qui viennent les recouper. Ce sont justement ces lignes superposées qui donnent au motif cette impression de profondeur et de mouvement.
Du clan au vestiaire
Comme beaucoup de motifs traditionnels, l’Argyle finit par sortir de son contexte d’origine.
Il commence à apparaître sur différents vêtements et accessoires, jusqu’à devenir particulièrement associé aux chaussettes. Après la Première Guerre mondiale, le motif gagne en popularité et s’installe dans les garde-robes européennes.
Dans les années 1920 et 1930, l’Argyle se fait remarquer dans un univers assez éloigné des clans écossais : celui du golf.
Le motif a en effet trouvé un terrain de jeu idéal sur les parcours. Les chaussettes montantes et les pulls à losanges deviennent progressivement associés à cette élégance sportive très britannique.
Dans les années 1920, le duc de Windsor, alors prince de Galles, adopte régulièrement l’Argyle, notamment sur les parcours de golf.
Le vêtement masculin est encore très codifié. Porter un motif aussi visible, surtout dans un contexte sportif, permet de sortir un peu du costume classique. Le duc de Windsor est justement connu pour jouer avec les codes vestimentaires de son époque.
Son goût pour l’Argyle contribue à populariser le motif auprès d’un public plus large.
Puis Burlington arrive
Et c’est là que Burlington entre dans l’histoire.
La marque allemande va contribuer à faire de l’Argyle l’un des grands classiques de la chaussette.
En 1975, Burlington introduit son interprétation stylisée du motif sur le marché allemand. Les fameux losanges sont travaillés avec différentes couleurs et des lignes croisées qui renforcent leur aspect graphique. Le motif devient rapidement une signature de la marque.
Un motif qui demande un peu de savoir-faire
Derrière ces losanges qui semblent parfaitement alignés se cache aussi une vraie technique de tricot.
L’Argyle est traditionnellement réalisé en intarsia, une technique qui permet de créer des motifs complexes en travaillant différentes zones de couleur directement dans la maille.
Le résultat est particulièrement intéressant pour une chaussette : le motif reste intégré à la matière, sans créer une épaisseur importante. Burlington utilise notamment cette technique pour ses modèles Argyle.
De l’Écosse à Archiduchesse
Alors forcément, après autant de voyages, l’Argyle avait bien le droit de faire une étape chez nous.
Il est né dans l’univers du tartan écossais, a trouvé sa place dans les garde-robes européennes, s’est installé sur les terrains de golf, est devenu une signature du tricot écossais avant de prendre une nouvelle vie avec Burlington.
Et maintenant, il arrive chez Archiduchesse.
Même motif, nouvelle interprétation, nouvelles couleurs L’Argyle arrive chez Archiduchesse. Et cette fois, il est français.
Sources historiques : Burlington, Pringle of Scotland et Scotland.org. (burlington.de)

